Expertise d'usage et expertise citoyenne
19 novembre 2009
Expertise d'usage et expertise citoyenne
Peut-on parler de citoyenneté s'il n'est pas reconnu que toute personne possède un savoir sur son environnement de vie et des idées pour l'améliorer ? En conséquence, chaque habitant est une ressource dans l'amélioration de tout ce qui relève de l'action publique. Deux approches se complètent :
L'expertise d'usage :
Elle se réfère à la valeur d'usage, c'est à dire à la capacité de réponse à un client ou à un citoyen à un besoin d'utilisation. En cela elle diffère de la valeur d'utilité, de rareté, d'échange, d'estime.
Concrètement, ce n'est pas le caractère « objectif et théorique » qui prime mais son « usage réel ».
Aussi elle prend souvent le contre-pied de l'expertise technique. L'espertise d'usage préfère la précaution, la subsidiarité, la réversiblité, la pluralité des solutions à la rationalité technique, juridique et financière.
Nous reviendrons sur ces différents aspects.
Nota : Une cabine téléphonique sur le domaine public n'est pas qu'un lieu pour téléphoner. Elle sert également, parfois, d'abribus, de lieu de rencontre en soirée pour son éclairage, de lieu de trafic (éclairage cassé !)... plus de douze usages différents des cabines sont été observés par des conseils de quartier.
l'expertise citoyenne :
L'expertise citoyenne est la production d'un diagnostic partagé constituant une représentation collective du territoire ou d'un service public par ses habitants.
Elle peut s'avérer différente ou identique à l'expertise technique produite par les services territoriaux. Expertise technique et expertise citoyenne doivent être considérées comme complémentaires et non concurrentielles.
Des conditions préalables doivent être respectées pour que l'expertise citoyenne puisse s'exercer : une reconnaissane a priori de sa légitimité, un libre accès à l'information et des moyens d'animations.
Nota : Il y a un domaine où expertise citoyenne et expertise technique ont su, dans certaines collectivités, produire un travail de qualité : les plans de déplacement vélo, par exemple.
Le principal problème posé par les expertises d'usage et citoyenne est celui de leur reconnaissance par les élus et les services, non pas sur le principe mais dans les faits, aussi bien lors du traitement des dossiers structurants que dans les arbitrages d'aménagements mineurs.
